Niveau 1 Séance 2 : explorer un sujet

Niveau 1 Séance 2 : explorer un sujet

Nous avons fait l’expérience de deux choses très différentes au cours précédant :

  • la dimension structurelle de l’approche sociologique. Nous avons vu que le prénom, ce signe qui nous semble si distinctif de notre identité singulière peut être porteur d’une signification beaucoup plus partagée, l’origine sociale.
  • la dimension singulière de l’approche individuelle. Chacun.e est parti.e dans une observation personnelle du risque en utilisant la photo.

Comment faire le lien entre le singulier et le collectif, l’individu et la société?

Constituer des catégories d’analyse

Chaque groupe a récupéré le même dossier composé de 129 photos et a du réfléchir à des principes de classement pour constituer des familles d’images, autrement dit des catégories.

4 catégories pour le premier groupe.

  • Les risques pas annoncés : on voit un objet et on imagine un risque comme par exemple l’étau de l’atelier, une plaque d’égout relevée.
  • Les risques suggérés ou annoncés : panneaux de conseils comme “portez sa blouse”, des pictogrammes.
  • Contrer le risque : les extincteurs, les arrpets d’urgence, les défribrilateurs, le gel hydro alccolique.
  • Autres : une main sur une voiture (c’était en fait pour montrer l’action de rayer).

7 catégories pour le second groupe.

  • les risques insouciants : s’accouder à une moto, aller dans la salle des profs, ne pas respecter la signalisation au sol.
  • les accidents quotidiens : le sol glissant, un paillasson retourné.
  • le coronavirus : la signalisation, la distanciation, le gel hydro-alcoolique, se faire la bise.
  • Les machines de l’école : ne pas mettre ses mains dans la machine.
  • L’espace public : les parking, les trottoirs, les pistes cyclables, les travaux, les moyens de transports.
  • Risques pour la santé : la cigarette, la malbouffe.
  • Pollution : masque par terre, déchets.

7 catégories pour le troisième groupe

  • Les risques quotidiens : les poubelles, les portes, le micro-onde.
  • Les risques du corona : les embrassades, le gel.
  • Les risques routiers : les déplacements, les piétons.
  • Les risques de mort : manger un truc bizarre, fumer.
  • Les risques d’atelier : avec les machines.
  • Les risques idiots : aller dans la salle des profs.

6 catégories pour le quatrième groupe

  • les risques quotidiens : la signalisation routière, celle au sein de l’école et celle de l’atelier.
  • les risques de pollution : les masques par terre.
  • le risque pour la santé: masques par terre
  • prendre des risques : aller dans des endroits interdits.
  • les risques matériels : voiture rayée.
  • les risques sociaux : tabac, se faire la bise, ne pas porter son masque.

4 catégories pour le cinquième groupe.

  • les risques matériels : faire tomber son téléphone
  • les risques physiques : le tabac, distanciation sociale, ne pas porter sa blouse, les règles liées au covid.
  • les risques défiant l’interdit : tous les panneaux qui demandent de suivre des consignes.
  • les risques pour l’environnement : masques jetés et déchets.

Pour être efficace, une catégorisation doit obéir à un principe directeur, on ne peut pas faire une liste à la Prévert, c’est-à-dire citer tout ce qu’on voit. Il faut organiser les catégories autour d’une colonne vertébrale et ne pas multiplier les catégories, entre 3 et 5 c’est bien. La catégorie “autres” peut aider à regrouper les éléments qui sont plus singuliers, qu’on a du mal à regrouper dans une catégorie plus large.

L’imaginaire de la prévention du risque

On l’a vu dans les catégories, à l’école une part importante des risques est liée aux machines des ateliers et à la prévention des risques de bâtiment, comme l’incendie.

J’ai fait glisser notre questionnement des risques à la prévention des risques et pour finir cette exploration je vous ai demandé de réfléchir en termes de représentations, c’est-à-dire une image porteuse de sens ou comme le dit Bruno Jodelet : «une forme de connaissance, socialement élaborée et partagée, ayant une visée pratique et concourant à la construction d’une réalité commune à un ensemble social.».

Je vous ai interrogé sur les représentations du risque, en termes de couleurs (le rouge), de forme (le triangle), de matériau (le métal).

Au début d’un projet, il est important de comprendre dans quelle société s’insère le sujet que l’on traite, quelles sont les normes et les représentations dominantes. Cela ne signifie pas qu’on doit les suivre mais qu’on doit maitriser le contexte dans lequel se déroule le processus créatif et la manière dont il vient ou non se confronter aux normes de la société.

A la prochaine séance, nous verrons comment problématiser un sujet.

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